[CANYON DE COLCA, PEROU, 2011]

Il y a eu une époque de ma vie où j’ai eu un copain Péruvien. Alors, rien de plus naturel que d’aller visiter le Pérou, n’est pas ?

 

Pendant mon séjour au Pérou nous avons décidé de visiter un peu le pays et nous sommes ainsi partie un peu à l’aventure…

 

Quand nous étions à Arequipa, la ville blanche du Pérou, j’ai eu la tourista… eh oui, car j’avais mangé la veille un poulet avec la mayonnaise local qui devait trainer sur la table depuis au moins 24 heures… Mais mon compagnon, lui, n’a rien eu ! En effet son satmya (le principe ayurvédique de l’habituation) lui permettait de manger ce genre de choses sans tomber malade dans l’immédiat car il était habitué à les consommer depuis le plus jeûne âge…

 

Notre prochaine destination était le canyon de colca, un canyon impressionnament profond, deux fois plus profond que le Grand Canyon des États-Unis, rien que ça ! Mais, comme j’étais affaiblie suite à ma maladie nous avons opté par ne pas faire de trek sur place, mais simplement faire les tours en bus.

 

Nous sommes ainsi partis en bus de nuit dans la direction des andes… et, dans le bus, notre guide touristique nous a proposé des feuilles de coca…

 

Mâcher des feuilles de coca constitue chez les populations andines de Bolivie et du Pérou une tradition millénaire qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. La coca est une plante parfaitement légale, réputée chez ces populations car elle aide à s’adapter à la vie en altitude et à endurer des conditions de travail rendues souvent très difficiles à ces hauteurs car elle donne des forces et aide à lutter contre le froid et les maladies.

 

Mais pourquoi tous ces effets ?

 

Cette plante a une action sur les catécholamines (médiateurs chimiques du système nerveux) et augmentation le nombre des globules rouges ce qui augmente la capacité respiratoire et favorise une plus grande oxygénation des muscles, donnant une plus grande résistance face à l’effort physique.

La feuille de coca contient trois alcaloïdes naturels, parmi lesquels la cocaïne, qui représente la quantité la plus importante. Cette teneur en cocaïne peut rende les consommateurs réguliers à tomber dans l’addiction… Notre guide nous a également expliqué que la consommation excessive de la feuille de coca au quotidien provoque également des problèmes d’insomnie, agitation, difficultés de concentration et difficultés à « rester en place ».

 

Aujourd’hui, si je devais analyser ce que notre guide nous expliquait j’aurais compris que cette plante risque d’aggraver vata dosha, chose qui ne serait pas terrible pour moi, surtout que mon corps et esprit étaient encore affaiblis par la tourista…

A l’époque je ne savais rien de tout ça, mais mon buddhi (discernement) me disait déjà que mâcher cette plante n’était pas une bonne chose pour moi. Cependant, mon élan vata m’a fait décider de mâcher ces feuilles magiques quand même car ma curiosité et enthousiasme ont été plus forts !

 

Résultat : j’étais très énergisée mais j’étais frigorifié, j’avais mal au ventre et la peur des effets secondaires de cette plante m’a fait cogiter toute la nuit…

Moral de l’histoire : il est important d’écouter son buddhi, le discernement qui sait ce qui est bon ou mauvais pour nous… autrement, à quoi il sert ?