Perdue en chine sans rien…

Voyage en sac à dos

[PEKIN, CHINE, 2012]

C’était mon premier voyage en sac à dos et je l’ai fait avec une belle compagnie : Fatima, une copine Portugaise que j’avais rencontré lors de mon année de travail au bord de la croisière Royal Caribbean.

 

A l’époque j’étais infirmière et j’étais loin d’imaginer une reconversion professionnelle car même si les thérapies traditionnelles me passionnaient j’avais encore ce conditionnement qui me disait que je ne pouvais jamais avoir un « vrai travail » avec ces thérapies la… Par contre Fatima exerçait le métier d’homéopathe et d’acupunctrice : elle avait été pour moi un exemple et une source d’inspiration depuis que je la connaissais, surtout dans le contexte dans lequel on s’était connu (car la vie au bord d’une croisière peut être divertissante mais est sans doute très superficielle).

C’était la découverte pour nous : premier voyage en sac à dos, première fois en Asie, premier voyage ensemble, première fois à faire du couchsurfing… tout… Fatima était en mode « je me laisse aller et je ne prépare rien » et moi j’étais en mode vata stressé « il faut avoir le planning exact et avoir acheté toutes les choses dont on aura éventuellement besoin »… quelle belle combinaison !

Le mélange de ces deux approches a été super bénéfique : grâce à l’élan de Fatima on a pu se laisser aller dans certaines situations et avoir une vraie expérience de vie locale en Chine, et grâce à mon élan on a pu se « sauver » des nombreuses péripéties qui nous sont arrivés.

 

 

Dès le premier jour on a eu une belle surprise : la seule carte bleue de Fatima a été prise par un distributeur du métro à Hong Kong… et… il faut comprendre comment est le métro en chine : une foule de milliers de personnes qui marchent vite en regardant leur téléphone, chacun dans sa boule… et, si jamais on arrive à arrêter une, elle ne parle pas anglais…

Fatima commençait à stresser quand je le dis : « ne t’inquiète pas car j’ai pris trois cartes bleus, deux portugaises, une française et, en plus, j’ai assez de liquide pour nos deux pendant une semaine… » uff, ça a calmé un peu le jeux… De là on commence à regarder autour de nous et à chercher des solutions… on remarque alors un dessin murale qui nous a fait penser à un poste de police. On monte les escaliers comme indiqué dans le dessin et quel bonheur : on retrouve un poste de gendarmerie !!! Quelle organisation ses chinois alors !

Le seul problème qui restait était que personne ne parlait anglais, évidemment ! A ce moment je sors mon dictionnaire « Anglais – chinois » et je pointe du doigt 2 mots « argent » et « machine », puis je fais des gestes désespères pour indiquer le distributeur que se situait en bas. Les gendarmes ont fini par comprendre notre problème et ont essayé de récupérer la carte bleue de Fatima sans succès… ce n’était pas grave, il fallait juste faire opposition de la carte et un coup de fil quelques heures plus tard (on n’avait pas de smartphone à l’époque) a résolu le problème !

 

 

Les péripéties se sont enchainées tout le long du voyage mais il y a une dont je me rappellerais toute ma vie : l’épisode « perdues en chine »…

Lors de notre visite à Xian, nous étions hébergés dans les alentours de la ville par un couple d’indiens qui étudiaient la médecine allopathique sur place.

Ce jour la nous sommes allés les quatre manger au restaurant, puis nos hôtes sont rentrés et nous ont laissé au centre-ville pour assister à un spectacle de lumières. Avant de partir ils ont pris soin de nous laisser un petit papier avec l’adresse de leur maison écrite en chinois mais… quand nous sommes rentrées en taxi, le chauffeur s’est arrêté à un endroit inconnu…

Cette fois ci, vu que j’avais un peu appris à lâcher prise avec Fatima, je n’avais rien pris avec moi : je n’avais pas le contact de nos hôtes, ni mon dictionnaire, ni le petit cahier où j’avais noté toutes les adresses de nos hôtes pendant le voyage… j’avais seulement un téléphone avec une carte SIM chinoise…

 

J’étais pétrifiée, apeuré et je ne voyais pas de solution… Fatima a compris ma détresse et a pris sur elle. Elle a alors pris mon téléphone et a appellé le dernier numéro utilisé.

 

Elle pensait tomber sur nos hôtes indiens, mais qui a répondu c’était un jeune étudiant que nous avions rencontré à Guilin, l’endroit que nous avions visité juste avant Xian. Ce jeune homme apprenait encore l’anglais et la communication était difficile avec lui… Mais Fatima était décidée : une fois qu’elle avait compris qui était son interlocuteur elle lui demanda de solliciter au chauffeur de nous amener à l’université de médecine !  Un sentiment d’espoir m’est arrivé quand j’ai entendu ses mots… puis je lui ai demandé « mais tu sais aller de l’université à la maison ? » et elle m’a répondu « mais bien sûr, heureusement que je n’ai pas le même sens d’orientation que toi »… et voilà, une fin heureuse pour la petite histoire !

 

 

Alors, je ne sais pas si vous avez compris mais dans ces deux situations ce qui nous a « sauvé » à moi et à Fatima ce ne sont pas tellement les objets que nous avions avec nous, mais plutôt le calme, la clarté d’esprit, le fait de regarder autour de nous et de chercher calmement des solutions… Pour tout problème il y a une solution, et plus notre mental est calme, plus rapidement cette solution est évidente à nos yeux…

 

Et vous, vous avez eu des péripéties comme cela ?